Libertin ?

Liberté à 40 ans

12 mars, 2013

Généreuses…………….Femme !!!!!!!!!!!!

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19 décembre, 2011

Y a-t-il une vie après la passion ?

Classé dans : Non classé — libertin78 @ 16:00

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Y a-t-il une vie après la passion ?

 

Vous vous fréquentez depuis trois mois et chaque rencontre constitue un véritable feu d’artifice. Vous parlez de longues heures de tout et de rien et vos nuits sont entrecoupées d’intenses activités sexuelles. Vous sentez l’admiration dans le regard de l’autre et vous espérez que ces instants sublimes ne se termineront jamais.

Vous négligez même vos amis et parents pour passer plus de temps avec votre « âme soeur ». Quand vous n’êtes pas ensemble, vous vous téléphonez. Au travail, vos collègues ont remarqué votre air épanoui, malgré vos traits tirés et vos bâillements. Vous partez souvent dans la lune, fantasmant sur votre prochaine rencontre. Vous flottez : vous n’avez jamais été aussi heureux qu’en ce moment. Il aura suffit d’une rencontre fortuite pour transformer et embellir votre vie. Le temps passe…

Vous commencez à parler d’avenir : cohabitation, mariage, enfants, maison… L’autre aussi est d’accord pour attendre la venue des enfants avant de vous marier. Lui aussi veut deux enfants; elle aussi veut un condo au centre ville (ou une maison en banlieue). Tous deux voulez un grand mariage avec beaucoup d’invités pour leur crier votre amour et votre bonheur. C’est décidé, en juillet prochain, vous emménagez ensemble.

Tous vos amis vous ont aidé à vous installer dans votre nouveau logement. Les premières semaines ont été magnifiques. Après plusieurs nuits endiablés, vous commencez tranquillement à vous assagir, sachant l’autre tout près de vous, disposé et disponible. Vous commencez à mieux respirer convaincu que votre amour durera toujours. Vous vous laissez aller à jouir d’un bonheur maintenant plus tranquille. La chimie de l’amour fait effet.

Les mois passent. Vous comprenez de plus en plus la différence entre la passion et l’amour. Vous vous êtes organisés une routine de vie agréable : boulot épanouissant, dodo douillet dans votre nid d’amour, soupers avec des amis les week-ends, discussion autour de projets d’avenir… Vous constatez toutefois certaines différences dans vos projets : il veut toujours deux enfants, mais pas avant d’avoir assurer sa carrière; elle veut bien acheter la maison, mais préfère économiser avant pour diminuer l’hypothèque. Vous n’oser pas trop affirmer votre propre désir pour ne pas froisser votre partenaire, mais vous êtes quelque peu déçu.

Vous aviez bien remarqué, dès le début, quelques petits défauts chez votre partenaire, mais ils vous avaient fait sourire. Vous ne vouliez surtout pas que quoi que ce soit vienne émousser votre passion ou ternir votre bonheur; vous vous êtes dit que le temps et/ou l’amour allaient tout arrangé. Sauf que, avec le temps, vous trouvez que ces petits défauts prennent de plus en plus de place : il avait tendance à minimiser vos émotions, vous avez maintenant l’impression qu’il ne veut rien savoir de vos états d’âme, sauf s’il a une idée derrière la tête (lire : sexe); elle avait tendance à vous suggérer quoi faire, elle vous dit maintenant quoi et comment le faire et vous boude si vous ne le faites pas immédiatement.

Vous avez flotté dans le bonheur par-dessus la tête jusqu’au jour où vous vous rendez-compte que l’autre…

• diminue ses marques d’attention et ses appels téléphoniques ;

• ne parle que de lui, de sa famille, de sa carrière ;

• se couche après vous et non plus en même temps ;

• se laisse traîner de plus en plus (poils de barbe, linge) ;

• passe de plus en plus de temps avec ses amis ;

• parle de moins en moins dans l’intimité ;

• semble moins empressé à vous faire la cour et à faire l’amour…

Vous avez été passionné jusqu’au jour où vous vous rendez compte que vous êtes en train de devenir un « vieux » couple après seulement deux ou trois ans de vie commune. Vous voulez faire l’amour le soir, elle préfère attendre au lendemain matin. Vous voulez lui parler, il a une tâche urgente à terminer. Vous avez de plus en plus l’impression que l’autre vous fuit ou, au contraire, veut vous contrôler; vous vivez un véritable paradoxe passionnel entre votre désir de vous engager et votre peur d’être envahit par l’autre.

Le prince charmant que vous vouliez voir se transformer en roi majestueux se montre sous son vrai jour : un crapaud silencieux intéressé seulement au confort matériel et à la sexualité. La princesse qui vous supportait dans tous vos projets vous critique maintenant de plus en plus souvent et vous avez l’impression qu’elle vous rend responsable de ses frustrations. Vous découvrez lentement qui est réellement l’autre. Mais, malgré tout, vous continuez de l’aimer et vous vivez encore des nuits torrides, surtout après vous être réconciliés.

Dans les moments difficiles ou après une dispute particulièrement « passionnée », vous remettez parfois vos rêves et vos projets en question. Vous en arrivez même à vous posez l’une ou l’autre des questions suivantes : Dans quoi me suis-je embarqué ? L’autre m’aime-t-il vraiment ? Mais, après vous être expliqués et compris, après avoir pleurés ensembles, vous réaffirmer votre amour à l’autre et votre désir de tout faire pour que tout aille mieux. Vous promettez de changer, de faire plus attention et, à nouveau, vous flottez. Vous êtes tous deux remplis d’amour et de bonne volonté.

Vous décidez, à la suite d’un rapprochement particulièrement intense, de donner un fruit à votre amour et de prouver votre attachement et votre désir d’engagement dans la relation; vous décidez de devenir parents en plus d’être amants. Et à nouveau vous vous sentez transformés.

La chimie de l’amour

Trois types d’hormones interviennent dans le processus amoureux.

1. Les phéromones ou phérormones. Ces effluves sont produites par les glandes apocrines situées sous les aiselles, autour des mamelons et dans les aines. Même émises à dose infime, elles donnent une empreinte olfactive personnelle unique et possèdent le don d’attirer certaines personnes et d’en éloigner d’autres. L’amour n’est peut-être au fond qu’une question d’odorat. Ne dit-on pas des gens qui nous sont antipathiques : « Celui-là, je ne peux pas le sentir! »

2. La phényléthylamine. C’est une substance chimique cérébrale qui déclenche des sensations d’allégresse, d’exultation et d’euphorie. Le coup de foudre est l’état d’un cerveau submergé d’emphétamines naturelles : nous sommes en amour avec les sensations que nous éprouvons devant l’image que nous nous faisons de l’être aimé. Les drogués de l’amour vont de coup de foudre en coup de foudre à la recherche de l’excitation déclenchant la production de phényléthylamine et la passion.

3. Les endomorphines. Ne pouvant carburer très longtemps à la phényléthylamine, le cerveau la remplace après un temps variable par une espèce d’opiacé qui fait diminuer l’amour-passion et se développer l’amour-attachement : les amoureux peuvent maintenant parler, manger et dormir en paix. Sécurité, stabilité et tranquillité sont maintenant au rendez-vous.

Passion vs Amour

Passion et amour ne sont pas synonymes. La passion est constituée d’états affectifs intenses, mais peut dégénérer en véritable obsession. L’amour, c’est ce qui subsiste lorsque la passion du début s’atténue. L’amour est un sentiment englobant tendresse et dévouement. Pour que l’amour véritable puisse exister et perdurer, trois éléments sont nécessaires: attirance, admiration et projet. Ces éléments doivent être canalisées vers la même personne et être réciproques, à moins de vouloir être malheureux.

L’amour est basé sur une attraction physique et sexuelle réciproque : ne dit-on pas « faire l’amour » pour désigner les relations sexuelles. De plus, on ne peux aimer quelqu’un que si on l’admire. L’admiration est un sentiment de joie et d’épanouissement devant ce qu’on juge beau ou grand. Il n’y a de l’amour que dans le respect. Finalement, deux personnes qui s’aiment partagent les mêmes projets, les mêmes rêves : mariage, maison, enfants, succès professionnels, implication sociale, vacances, retraite…

Le paradoxe de la passion

Qu’on le veuille ou non, tout couple est au prise avec un paradoxe, source de conflit : un désir intense de fusion passionnelle qui, lorsque satisfait, se transforme en besoin de prendre de la distance afin de laisser revenir le désir de la fusion. Lorsque vous avez faim, vous mangez et la faim disparaît ; pour connaître à nouveau la faim, vous devez être un certain temps sans manger. Ainsi en est-il de la passion : la passion tue le désir au même titre que manger tue la faim.

Par définition, on désire ce qu’on ne possède pas. C’est pourquoi les débuts d’histoire d’amour sont généralement passionnés, n’étant pas assuré que l’autre sera toujours là. Mais au moment où, dans le couple, s’installe une certaine sécurité et une certaine routine, la passion ne peut que diminuer. Seules la distance et une certaine insécurité peuvent faire renaître et entretenir le désir.

Deux individus ne peuvent avoir le même degré de désir fusionnel. L’un des deux partenaires voit nécessairement son désir satisfait avant celui de l’autre et veut alors prendre une certaine distance pour réactiver son désir, ce qui provoque l’intensification du désir de l’autre. D’où le paradoxe : si l’un veut fusionner au moment ou l’autre veut prendre de la distance, cela augmente le besoin de distance du second, laquelle distance augmente le désir du premier. Plus tu me poursuis, plus je te fuis ; plus je te fuis, plus tu me poursuis. (Principe de l’ombre).

Le défi du couple consiste à créer une juste distance entre le désir de fusion et le besoin d’autonomie de chacun des deux partenaires, désir et besoin qui évoluent avec le temps.

Moments difficiles vs relations difficiles

Tout couple vivra des moments difficiles. Ces moments difficiles sont sains et utiles lorsqu’ils permettent à chacun des partenaires de faire valoir ses attentes et ses besoins face à la vie de couple. Ces moments difficiles permettent ainsi aux deux amoureux de mieux se connaître et mieux se faire connaître. La négociation et le règlement positif des conflits est ce qui amène le couple à développer une véritable complicité. Deux amants intimes sont aussi deux ennemis intimes, à la condition que la guerre intime se fasse dans le respect.

Ces moments difficiles tournent malheureusement souvent en relations difficiles lorsque l’un des deux partenaires refusent de se remettre en question et manipule l’autre par la culpabilité (C’est de ta faute si on se chicane), par le pouvoir (Je te quitte si tu ne changes pas), par la peur (Si tu continues, je te frappe), par la jalousie (Tu n’as pas le droit d’exister en dehors de moi), par la servitude (Tu ne peux pas te passer de moi), par le chantage (Je me suicide si tu me quitte) ou la faiblesse (Je ne suis rien sans toi). Lorsque vous avez tout essayé et que l’autre refuse de changer, vous avez une décision à prendre : vous résigner ou déménager. Mais avant de vous décider, allez en thérapie.

5 août, 2011

Quand je vous dis que la Femme est un Soleil…….

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 12:04

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24 juin, 2011

L’abandonnée

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 22:23

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L’abandonnée
Toute rupture implique deux personnes: l’Initiatrice et l’Abandonnée. Sauf lors d’une décision commune, l’Abandonnée commence sa peine d’amour après l’annonce de la rupture.

Les réactions de l’Abandonnée dépendent des conditions dans lesquelles la rupture est faite et seront d’autant plus intenses que celle-ci ne s’y attendait pas. Elles seront extrêmes si l’Initiatrice part pour retrouver son amant(e), si cet(te) amant(e) est le(la) meilleur(e) ami(e) de l’abandonnée et si l’Initiatrice obtient la garde exclusive des enfants. La personne ainsi abandonnée voit alors tout s’écrouler autour d’elle et la tentation d’entraîner tout son monde avec elle est directement proportionnelle à son désespoir et au fait que le couple et la famille étaient au centre de sa vie. C’est cette situation qui explique, sans les justifier, les drames familiaux trop fréquents. Le déniAu début, l’Abandonnée ne peut croire la décision de son partenaire, surtout si son amour reste encore vivace. L’Abandonnée semble souvent sans émotion, refusant le choc de l’annonce. Cette sidération se manifester par une espèce de paralysie ou, au contraire, par une grande agitation: «Ce n’est pas vrai, c’est pas possible, tu m’fais marcher… Ça va passer. T’as pas le droit de m’abandonner.»

L’ambivalence

L’Abandonnée avait bien remarqué le moindre empressement de son conjoint à son égard et perçu des signes d’éloignement, mais ne s’attendait pas à ce que ce soit si grave. Une fois surmonté le choc de l’annonce, elle devient ambivalente. D’un côté, elle se révolte et lui exprime sa colère, de façon verbale, parfois de façon physique; de l’autre côté, elle cherche à reconquérir son partenaire et lui exprime alors tout son amour et sa considération. L’Abandonnée passe d’un extrême à l’autre. Elle se sent coupable, se demande ce qu’elle a pu faire pour tuer l’amour de son conjoint. Elle se reproche tous les refus qu’elle lui a faits et toutes ses absences. Puis, elle devient hors d’elle-même et colérique. Des pulsions de vengeance la poussent à poser des comportements qu’elle regrette et qui confirment l’Initiatrice dans sa décision.

Le marchandage

L’Abandonnée cherche à gagner du temps. Elle est prête à tout pour obtenir une deuxième chance. Elle fait des promesses de changement et de mieux tenir compte de l’autre. À d’autres moments, elle l’accuse d’être égoïste et de ne penser qu’à elle, d’être sans coeur à cause du mal qu’elle lui fait en la quittant. Elle peut proposer une thérapie conjugale espérant que l’intervention ranimera la relation. Dans les pires moments, elle peut aller jusqu’au chantage au suicide ou à la pire des vengeances. Mais devant le refus de l’Initiatrice, l’Abandonnée finit par lâcher prise et se trouve confrontée au vide de la perte.

La résignation

Lorsque l’Abandonnée a épuisé toutes ses ressources pour sauver son couple et son rêve initial, elle ne peut que se résigner et subir la décision de son partenaire. Ses tentatives de nier la réalité et de récupérer son partenaire, ses sautes d’humeur allant de la colère aux sanglots et les disputes parfois intenses avec l’autre finissent par user ses forces physiques et mentales et l’Abandonnée se retrouve alors dans un abattement plus ou moins profond.

L’acceptation

L’Abandonnée a l’impression qu’elle ne passera jamais au travers de son deuil, d’autant plus que l’Initiatrice, elle, semble aller de mieux en mieux avec le temps qui passe. L’Abandonnée vivra encore les affres de la perte, mais, tranquillement, elle reprendra du mieux et retrouvera son plein fonctionnement après trois à six mois après la rupture. Sauf dans les cas de dépendance émotive où l’acceptation peut prendre de deux à cinq ans.

L’initiatrice

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 22:21

 

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L’initiatrice

Lorsqu’on parle de peine d’amour, on fait plutôt référence à la personne qui est quittée. On pense rarement à la personne qui initie la rupture (l’Initiatrice). Par Yvon Dallaire – Psychologue

 
 

Pourtant, celle-ci vit aussi un chagrin d’amour, avant d’en informer son partenaire. La personne quittée (l’Abandonnée) vivra sa peine après l’annonce de la rupture.Les réactions à une peine d’amour peuvent aller d’une simple tristesse devant la fin d’un projet de vie à une véritable douleur morale, remplie de désespoir et d’anxiété pouvant mener (trop souvent) à des drames familiaux. Lorsque les deux partenaires décident d’un commun accord de mettre fin à leur relation, ces réactions sont toutefois atténuées et plus rapidement évacuées.

À quelques nuances près, les étapes d’une rupture amoureuse, décidée ou subie, sont les mêmes que les étapes vécues lors de la mort d’un être cher ou la perte d’un projet important. Elles sont au nombre de cinq et diffèrent très peu pour l’Initiatrice ou l’Abandonnée.

 

Le déni

L’Initiatrice refuse au départ de croire qu’elle n’aime plus son partenaire. Elle essaie de raviver sa flamme, mais se rend compte que son amour diminue, que son rêve initial ne pourra se réaliser avec ce partenaire. Ce processus prend parfois des mois et des années.

 

L’ambivalence

L’Initiatrice vit un mélange de culpabilité, de colère, de désarroi, de doute et de frustration. Elle se sent coupable, car elle sait le mal que son rejet fera à l’autre. Elle est en colère contre son partenaire de ne plus être à la hauteur de ses attentes et lui exprime de plus en plus souvent cette colère. Elle a parfois l’impression d’avoir été piégée par l’Abandonnée.

Elle compense souvent en s’investissant davantage au travail ou auprès des enfants. Ses doutes la poussent à proposer une séparation provisoire plutôt que définitive, car elle redoute la solitude. Elle est d’autant plus frustrée qu’elle s’est lentement enfermée dans le silence, ne pouvant parler de son ambivalence à son partenaire.

 

Le marchandage

S’ensuit alors une phase de négociations, parfois même de chantages. L’Initiatrice a pu chercher à se convaincre elle-même qu’elle ne pourrait pas trouver mieux ailleurs, que la vie de couple est ainsi faite, qu’elle devrait se résigner, que les autres couples ne semblent pas plus heureux. À l’occasion, elle revit des élans envers son partenaire et croit que le temps pourrait arranger les choses. Mais, elle se convainc finalement que son amour est mort.

 

La résignation

Cette phase est caractérisée par une grande tristesse, des remises en question, de la détresse, de l’anxiété, de l’angoisse et différents symptômes physiques et psychologiques. Là encore, l’Initiatrice vit cette phase en solitaire, avant de communiquer sa décision à l’Abandonnée, et ce, malgré les appels à la discussion de la part de son partenaire qui se demande bien ce qui se passe.

Elle s’enferme, se pose toutes sortes de questions, pleure en silence, parfois en présence de son partenaire, au milieu de la nuit. La tension provoquée par son ambivalence, ses questionnements, sa frustration amoureuse, la perte de son rêve initial… mine tranquillement ses forces et différents troubles fonctionnels surviennent: elle vit une mini-dépression.

 

L’acceptation

L’annonce de sa décision est vécue par l’Initiatrice comme une délivrance, malgré les fortes réactions et les sautes d’humeur de l’Abandonnée. Sentir et espérer qu’une nouvelle vie s’offre maintenant à elle lui permet de voir la lumière au bout du tunnel.

Pendant que son partenaire coule, l’Initiatrice respire de mieux en mieux, ce qui peut donner l’impression à l’entourage qu’elle est un monstre. Ce qui était pour l’Initiatrice la cause de sa douleur, prendre ou non la décision de quitter, devient, maintenant pris, une source d’apaisement et de calme.

 

Aussi atroce puisse-t-il être, on ne meurt pas d’un chagrin d’amour

18 décembre, 2010

Cet amour

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 14:46

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Cet amour
Si violent 
Si fragile 
Si tendre 
Si désespéré 
Cet amour 
Beau comme le jour 
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui 
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté 
Parce que nous le guettions 
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié 
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié 
Cet amour tout entier 
Si vivant encore 
Et tout ensoleillé 
C’est le tien 
C’est le mien 
Celui qui a été 
Cette chose toujours nouvelles 
Et qui n’a pas changé 
Aussi vraie qu’une plante 
Aussi tremblante qu’un oiseau 
Aussi chaude aussi vivante que l’été 
Nous pouvons tous les deux 
Aller et revenir 
Nous pouvons oublier 
Et puis nous rendormir 
Nous réveiller souffrir vieillir 
Nous endormir encore 
Rêver à la mort 
Nous éveiller sourire et rire 
Et rajeunir 
Notre amour reste là 
Têtu comme une bourrique 
Vivant comme le désir 
Cruel comme la mémoire 
Bête comme les regrets 
Tendre comme le souvenir 
Froid comme le marbre 
Beau comme le jour 
Fragile comme un enfant 
Il nous regarde en souriant 
Et il nous parle sans rien dire 
Et moi j’écoute en tremblant 
Et je crie 
Je crie pour toi 
Je crie pour moi 
Je te supplie 
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment 
Et qui se sont aimés 
Oui je lui crie 
Pour toi pour moi et pour tous les autres 
Que je ne connais pas 
Reste là 
Là où tu es 
Là où tu étais autrefois 
Reste là 
Ne bouge pas 
Ne t’en va pas 
Nous qui sommes aimés 
Nous t’avons oublié 
Toi ne nous oublie pas 
Nous n’avions que toi sur la terre 
Ne nous laisse pas devenir froids 
Beaucoup plus loin toujours 
Et n’importe où 
Donne-nous signe de vie 
Beaucoup plus tard au coin d’un bois 
Dans la forêt de la mémoire 
Surgis soudain 
Tends-nous la main 
Et sauve-nous.

 

Jacques Prévert

17 décembre, 2010

Les étapes de la vie amoureuse

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 23:47

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Toute relation amoureuse évolue selon des étapes qui ont été très bien analysées par les psychologues : la passion, la lutte pour le pouvoir, le partage du pouvoir, l’engagement et l’ouverture sur autrui.

La passion

Pendant la séduction qui culmine dans la phase de la passion, première étape de la relation amoureuse, vous n’êtes pas encore certain que la relation est bien établie ; hommes et femmes se montrent alors sous leur plus beau jour afin de séduire et de conquérir l’autre. C’est pendant cette phase que les hommes sont les plus communicatifs et les plus attentifs : ils soignent leur image et sont intéressés par tout ce que vous dites ; ils n’ont d’yeux que pour vous et vous complimentent sans cesse. C’est pendant cette phase que la femme regarde et écoute l’homme avec la plus grande admiration : elle est toujours prête à se coller et à faire l’amour avec vous, aussi souvent que vous le désirez ; elle ne vous critique jamais et est prête à vous suivre dans tous vos projets.

En même temps, vous auréolez la personne convoitée : c’est votre âme sœur, votre prince, votre princesse et l’amour que vous éprouvez l’un pour l’autre surmontera toutes les épreuves. Vous passez vos nuits à bavarder et à faire et refaire l’amour. Vous ne pouvez plus vous passer l’un de l’autre : vous êtes éperdument amoureux, peut-être même pour la véritable première fois de votre vie. C’est la phase que l’on voudrait faire durer toujours.

Les biochimistes ont démontré que, pendant cette phase, le cerveau humain produisait une hormone appelée la phényléthylamine. C’est cette hormone qui serait responsable des états euphoriques que l’on vit lorsqu’on est en amour. Cette hormone aurait les mêmes effets que la cocaïne. Si la personne désirée vous quitte lors de cette période, c’est le manque, la peine d’amour. Si vous êtes un drogué de la phényléthylamine, c’est vous qui partirez lorsque vous sentirez que la passion diminue pour trouver ailleurs une nouvelle flamme qui restimulera la production de phényléthylamine. Vous irez de passion en passion, incapable de véritable engagement amoureux.

Par contre, si vous acceptez la baisse de la passion, votre cerveau remplacera la production de phényléthylamine par la production d’endorphines qui, elles, possèdent les mêmes propriétés que la morphine. Vous vivrez alors des jours de bonheur tranquille : vous pourrez dormir en paix, en silence, dans les bras l’un de l’autre. Vous n’aurez jamais été aussi bien, aussi en harmonie de toute votre vie. Votre couple vous comblera.

Hélas, la passion… passe ! En fait, pendant la phase de passion, vous n’étiez pas réellement amoureux de l’autre personne ; vous étiez amoureux des sensations que l’idée que vous vous faisiez de l’autre personne provoquait dans votre corps et votre tête. Vous avez ignoré tous ses petits défauts ; vous n’avez vu et entendu que ce qui faisait votre affaire ; vous avez mis de côté tout ce qui pouvait émousser votre passion. Et vous vous êtes mariés ou, comme disent les espagnols, vous vous êtes « mis en maison » (casarse) ; vous avez commencé à cohabiter.

La lutte pour le pouvoir

Mais voilà que votre corps et votre tête se sont accoutumés aux effets de la phényléthylamine et des endorphines. Vous êtes toujours heureux, heureuse, mais l’intensité de votre bonheur s’est atténuée et vous revenez progressivement sur terre. Surprise, vous vous rendez compte que votre prince charmant se conduit parfois comme un crapaud, que votre princesse charmante sort de plus en plus régulièrement ses griffes et ses crocs. Vous prenez contact avec la personne réelle avec laquelle vous êtes en amour.

Vous entrez dans la deuxième phase de votre relation de couple : la lutte pour le pouvoir. L’anxiété et l’insécurité de la séduction et de la passion vous forçaient à vous montrer sous votre meilleur jour ; la sécurité de votre bonheur et la certitude que l’autre vous aime vous permettent de vous laisser aller et de vous montrer sous votre vrai jour. Vous ne faites plus semblant, vous êtes vous-mêmes et vous commencez à dire et même à exiger ce que vous attendez de votre relation de couple. Vous l’aviez déjà dit, mais l’autre vous admirait et il(elle) n’a pas réellement entendu ce que vous disiez. S’il est vrai que l’amour est aveugle, il rend aussi sourd.

C’est alors que vous vous rendez compte que l’autre ne partage pas tout à fait vos points de vue sur les loisirs, l’argent, le choix de la maison, la répartition des tâches ménagères, le nombre et l’éducation des enfants, les ami(e)s, la fréquence des rapports sexuels, le type et l’endroit de vos vacances, le choix des films… en fait, la façon d’aimer et de s’investir dans le couple.

Vous vous rendez compte qu’il met l’accent sur sa carrière, alors que vous voudriez qu’il s’occupe davantage de la famille. Vous vous rendez compte qu’elle veut bien faire l’amour, mais à sa manière. Vous êtes méticuleuse, il laisse tout traîner. Vous adorez les argumentations serrées, elle met de l’émotion partout. Vous aimez les grands rassemblements de famille, il préfère aller à la chasse ou à la pêche avec ses amis. Vous aimez lire votre journal le matin, elle a toujours quelque chose à vous reprocher. Vous aimez les téléromans ; il préfère les émissions sportives. Il projette une retraite dans le sud ; vous préfèreriez être près de vos petits-enfants. Ainsi de suite.

Cette lutte pour le pouvoir est inévitable et même nécessaire. C’est cette lutte qui permet de savoir à qui l’on a affaire et qui nous permet d’affirmer nos besoins et attentes face au couple. Cette lutte amène les deux partenaires à se situer l’un par rapport à l’autre. Malheureusement, la majorité des couples s’enlise dans cette lutte et s’engage dans des impasses :

« C’est toi qui as commencé ! » « Non, c’est toi ! »
« Si tu m’écoutais aussi quand je te parle. »
« Toi et ta maudite famille ! Vous êtes tous pareils. »
« Si t’arrêtais de critiquer pour faire changement. »
« Si tu ne remettais pas toujours tout à demain. »
« Si tu te ramassais, aussi. »
« Si tu faisais un homme (une femme) de toi. »
« Qu’est-ce j’ai fait au bon Dieu pour me retrouver avec toi? »
« On dirait que tu le fais exprès. »
« Je te l’avais bien dit. »
« Tu les (en parlant des enfants) laisses toujours en faire à leur tête. »
« Tu n’as qu’à t’en occuper un peu plus (des enfants). »
« Tu veux toujours avoir raison ».
« De toute façon, tu ne comprendras jamais rien ».
« Bon, c’est reparti ! »
« C’est ça, va-t-en ! »

Ces paroles vous sont familières. Ne vous en faites pas, vous êtes normaux. Nos deux amants intimes et passionnés deviennent, lors de cette phase, deux ennemis intimes. Tous les deux s’aiment et veulent continuer de s’aimer, mais les frictions sont de plus en plus nombreuses. Ces frictions sont dues aux différences existant entre les hommes et les femmes, aux différences existant entre cet homme particulier et cette femme particulière ; elles sont aussi dues à nos attentes frustrées face à la vie de couple et au paradoxe de la passion, i.e. la coexistence du besoin de fusion passionnelle et du besoin d’autonomie.

À ce stade, se joue l’avenir du couple. Plus de la moitié des couples divorceront et beaucoup répèteront la même dynamique avec un nouveau partenaire. Trente pour-cent 30 % des couples se résigneront, développeront une relation de couple déséquilibrée, se feront une guerre entrecoupée de périodes d’accalmies (sursaut de production de phényléthylamine) et rechercheront des compensations dans le travail, la famille ou ailleurs. À peine 20 % des couples réussiront à transformer cette lutte inévitable pour le pouvoir en partage du pouvoir, troisième étape de la vie de couple.

Le partage du pouvoir

Pour bien comprendre la dynamique du couple, comparons-le à une journée. Une journée est constituée d’un jour et d’une nuit dont la durée varie selon les saisons. Le jour est rempli de lumière et d’activités. La nuit est remplie d’obscurité et de repos. À l’aube et au crépuscule, le jour et la nuit se rencontrent. Ces deux périodes sont remplies d’harmonie et de paix : il ne fait ni jour, ni nuit ; il ne vente pas ; les oiseaux ne chantent plus ; le temps est comme suspendu. On le voit, le jour et la nuit se complètent pour former la journée, comme le Yin et le Yang le font pour constituer le Tao.

L’homme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à lui d’envisager la vie et le couple ; la femme possède des facultés qui lui sont uniques et une façon bien à elle d’envisager la vie et le couple. La femme peut remplir des fonctions (grossesse, enfantement et allaitement, séduction, préoccupations relationnelles, réceptivité, capacité de relation symbiotique) que l’homme ne peut remplir, ni même comprendre. L’homme possède des capacités (force physique, créativité matérielle, esprit de compétition, intrusivité, instinct de chasseur, besoin d’indépendance) que la femme ne peut égaler ni même comprendre. On ne peut demander à l’homme de remplir les fonctions féminines et vice-versa, tout comme on ne peut demander à la nuit de remplir les fonctions du jour et vice-versa. On ne peut demander aux deux que de se compléter pour former un tout. La femme ne peut demander à l’homme de vibrer symbiotiquement avec elle comme elle peut le faire avec son foetus ; l’homme ne peut s’attendre à ce que sa femme « embarque » dans ses activités comme il peut le vivre avec ses amis ou associés. Ces deux attentes sont des illusions parmi tant dautres.

Dans le partage du pouvoir, l’un et l’autre, après avoir pris connaissance des particularités individuelles de cet homme et de cette femme, acceptent d’utiliser ces particularités, différentes et parfois contradictoires, pour former leur couple. L’un et l’autre ne cherchent plus à transformer l’autre pour répondre à ses attentes propres ; l’un et l’autre n’accusent plus l’autre d’être le responsable de la frustation de ses illusions adolescentes face au couple. Les deux prennent conscience qu’ils sont amants et ennemis intimes (il y aura toujours des différends même dans les couples les plus heureux), mais les deux mettent dorénavant l’accent sur l’intimité et l’apport personnel, quoique différent, de chacun dans ce couple unique. Les deux exploitent les qualités de l’autre au profit du couple (et de la famille). Les deux partagent le pouvoir qu’ils transfèrent maintenant au couple, comprenant que seul le couple, et non pas l’autre, peut satisfaire les besoins de chacun.

L’engagement

L’un des principaux indices démontrant que le couple a partagé le pouvoir et qu’il est prêt à entrer dans la quatrième phase de son évolution, c’est qu’il lui est devenu maintenant plus facile de redire « Je t’aime ». Durant la lutte pour le pouvoir, « Je t’aime » était souvent étouffé par « Je te déteste ». Durant cette phase, dire « Je t’aime » équivalait à donner plus de pouvoir à l’autre. Le «Je t’aime» de la troisième phase n’a plus du tout la même signification que le « Je te mangerais » de la passion fusionnelle. Il signifie plutôt « Je m’engage »

« Je connais maintenant tes défauts et tes qualités, tes forces et tes faiblesses, et je les accepte, même si des fois… »
« Tu n’es plus la belle princesse charmante à laquelle j’avais rêvé, tu n’es plus le prince charmant et fort de mes rêveries, ton corps a même subi l’épreuve du temps, mais je suis si bien avec toi. »
« Je connais un peu mieux tes besoins et tes attentes face à Nous et je m’engage à tout faire pour les satisfaire; nous savons très bien que je n’y parviendrai pas, mais je sais que tu va apprécier mes efforts.»
« Je ne veux plus te changer, je t’accepte tel(le) que tu es. »
«Tu n’es pas le partenaire idéal, j’aurais pu vivre avec quelqu’un d’autre, mais je suis content(e) du chemin que Nous a parcouru et je veux continuer de vieillir avec ce Nous.»

Le « Je t’aime » de la quatrième phase signifie en fait « Je Nous aime ». Les deux amants sont devenus de réels complices. C’est à cette étape-ci que l’on devrait contracter mariage et non au moment de la passion aveuglante.

Ouverture sur autrui

Il est facile, au restaurant par exemple, de différencier les vieux couples qui s’aiment de ceux qui se sont fait la guerre et qui ne parviennent plus à communiquer. Les couples heureux se touchent, se regardent, se parlent ; leurs yeux sont pétillants ; ils sont animés. Ils respirent l’harmonie et la paix et deviennent, pour nous, des exemples que la vie à deux est possible. C’est ce que j’appelle l’ouverture sur autrui, la dernière étape de l’évolution du couple.

D’ailleurs, ces couples, souvent à la retraite, s’impliquent socialement, font du travail bénévole ou sont tout simplement toujours prêts à partager leur bonheur avec leurs enfants, leurs petits-enfants, leur entourage immédiat et lointain. Ils font preuve d’une très grande réceptivité, ayant été, malgré les épreuves inévitables de la vie, comblés par celle-ci. Ils deviennent des modèles à imiter et sont souvent des modèles enviés.

À l’inverse, il est facile aussi d’identifier, toujours au restaurant, les couples qui en sont encore à l’étape de la passion ou ceux qui n’ont jamais surmonté la lutte pour le pouvoir. Ces derniers échangent à peine quelques propos ; l’homme lit souvent un journal ou jette des regards tout autour ; la femme, tête baissée, regarde son mari par en-dessous, espérant qu’il s’intéresse à elle et lui en voulant de ne pas le faire. La tension entre les deux est évidente tout comme, pour les jeunes couples, la passion est évidente parce que rien n’existe autour d’eux.

• • • • •

Dans la réalité, ces étapes ne sont évidemment pas aussi tranchées ; elles s’imbriquent et se superposent. Mais elles illustrent bien les grandes étapes à travers lesquelles évoluent tous les couples. Nous aurons l’occasion, dans les prochains numéros de Corps et Âme, de revenir sur les différences existant entre les hommes et les femmes afin de mieux comprendre les mécanismes qui font qu’un couple peut être heureux et complémentaire ou en guerre et très malheureux.

28 novembre, 2010

Les Sources des Orientations sexuelles

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 23:12

 

 

8.jpg

 

Les Sources des Orientations

sexuelles

 

Prolégomènes

Jules Bureau


 

 

1 Ce texte constitue un ensemble de principes préliminaires, à mon

livre en préparation : Les sources des orientations sexuelles : le

modèle du vivant

2

Qu’est-ce qu’on a toujours voulu savoir sur les

différentes orientations sexuelles et qu’aujourd’hui2,

on n’ose pas demander?

1. On veut connaître a) d’viennent les diverses

orientations sexuelles, leurs sources et b)

comprendre ce qui explique qu’une personne

s’oriente (ou est orientée) sexuellement dans telle ou

telle direction et aussi, c) comprendre pourquoi les

orientations sexuelles sont si différentes les unes des

autres: hétérosexualité, pédophilie, homosexualité,

zoophilie, nécrophilie et les autres3, et d)

comprendre le spécifique du désir sexuel humain

c’est-à-dire l’intentionnalité du désir sexuel humain

et de l’orientation sexuelle: qu’est-ce que nous

voulons en désirant sexuellement? e) qu’est-ce qui

2 Aujourd’hui parce que maintenant c’est devenu un terrain glissant, un

tabou, qu’oser questionner les sources des orientations sexuelles. La

rectitude politique impose le silence sur les sources des orientations

sexuelles. Pourtant la recherche tranquille de la connaissance

continue parce que « la vérité parle bas et ne s’éteint qu’elle n’ait été

entendue…. Bien oui, la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera.”

3 Toutes ces tendances sexuelles, dites par certains des paraphilies

(euphémismes pour orientations sexuelles) sont en réalité des

préférences sexuelles accaparantes. Une personne aux prises avec

une de ces tendances bien présente obsède et n’arrive pas à porter

son désir sur une ou un partenaire approprié. Par exemple, une

tendance sexuelle au travestisme chez un homme, mobilise tant sa

conscience que son attention qui ne se porte que sur des vêtements

féminins. La conscience de cet homme est habitée par sa tendance

qui obstrue son élan sain vers une plus grande vitalité. Les mêmes

problématiques se retrouvent pour la zoophilie, la pédophilie, et les

autres tendances déviantes de la pleine sexualité.

3

explique que le désir sexuel se reprend toujours et

toujours (et de là, cette répétition fonde une

orientation sexuelle particulière) et qu’il ne cesse

jamais (même s’il est satisfait, même s’il rejoint ou

rencontre son objet-sujet).

2. La réponse4 à la première de ces questions, est

4 Le modèle proposé ici pour expliquer les sources de l’orientation

sexuelle et des paraphilies est une nouvelle manière de penser les

questions humaines difficiles par exemple : les problématiques de la

connaissance et de la liberté, de la science, de la vie, de la spiritualité,

de la thérapie, l’explication et la compréhension de la conscience, les

jeux de la culture et de la nature, et bien sûr, les origines de l’amour,

du désir, du goût de la liberté, les sources de l’intérêt et de bien

d’autres thèmes « dits humains » et subjectifs et difficiles à

comprendre Dans l’élaboration de mes réponses aux questions

soulevées, j’expliciterai ce modèle issu de la philosophie de l’implicite

de Gendlin (voir http://www.diffusion-focusing.org/eugenegendlin.

htm). Je présenterai une conceptualisation de l’implicite en

tant qu’expérience « à la lisière ou à la frange de la conscience »,

expérience qui se situe juste en dessous de la surface de l’attention.

Encore plus précisément pour toutes ces questions difficiles

(présumément selon les penseurs (philosophes, scientifiques,

intervenants) contemporains, qui sont sans réponse, le modèle cognitif

(des unités, des concepts bien ciselés et séparés les uns des autres,

mais fermés, sans mouvement, et sans vie) n’apporte pas la lumière.

En effet, le modèle cognitif des unités pour expliquer les sources des

orientations sexuelles n’est pas très utile. Les réponses se trouvent au

niveau de l’implicite, sur le plan du « tout là » implicite et non dans

ces concepts fermés et situés « dans la tête » à l’extérieur de

l’expérience vivante ressentie. (Pourtant certains tombent encore dans

le panneau soit en cherchant, soit en dénonçant ce jeu des causes sur

le désir sexuel ou en se faisant leur avocat : voir l’exemple des propos

de Michel Dorais (1994) (sans ne rien présenter en réponse) pour qui

la recherche des « causes » de l’homosexualité = une science-fiction).

Il faut donc sortir du modèle cognitif des unités pour expliquer

l’orientation sexuelle et ses sources et pour comprendre les

paraphilies. Je plonge donc dans le modèle de la vie et du

vivant, le modèle du processus (voir Gendlin 2010, 1982, 1987,

Bureau 2002, 2010 : Ma vision de l’implicite).

4

que chez toute personne, les différentes sortes

d’orientations sexuelles et de paraphilies sont

présentes dans le “tout là” implicite. Ce “tout là”

implicite se situe à la lisère de la conscience et de

l’inconscience.

Pour l’illustrer, la figure 1 tente d’imager les zones

des prodromes de tous les désirs sexuels, de toutes

les orientations sexuelles, de toutes les identités

sexuelles, dans l’implicite de l’expérience vivante et

de la nécessité de l’interaction avec le monde (le

milieu, les situations) pour qu’elles s’explicitent.

5

Schéma des intrications implicites de la

sexualité dans l’expérience vivante d’une

personne

_________________________________________

De l’expérience vivante en interaction avec le

monde , une large part implicite inclut

l’implicite de l’identité sexuelle . et des orientations

sexuelles dans ce « tout là ».

Inter action

Vers l’explicitation

Figure 1 : L’intrication de l’expérience vivante

en interaction avec le monde

6

En effet, chez l’être humain, tout est là dans cet

implicite5 et cela bien sûr, d’une façon implicite6, à

5 C’est bien sûr une compréhension implicite, non pas cognitive dans le

sens usuel que l’on connaît, avec des “idées” bien ciselées et séparées

les unes des autres. La compréhension proposée ici est de l’ordre du

ressenti plutôt que du penser. Elle n’est pas composée d’unités

cognitives séparées comme des mots ou des images. Elle est implicite

en ce sens qu’elle n’est jamais tout à fait équivalente à une unité

cognitive, quelle qu’elle soit. Il y en a toujours un excès par rapport à

elle. Elle peut même si elle ne s’approfondit pas ne pas être ressentie

directement par l’attention.

6 Il y a en nous pour tout une connaissance préverbale, une

connaissance tacite (Polynayi, 1966) qui est implicite, mais

authentiquement présente « d’une certaine façon » quel que soit nos

comportements, nos paroles, nos pensées. Nous « savons » ce que

nous vivons dans les situations, nous savons l’impact des « choses »

sur nous, les liens entre les réalités sans besoin de langage, sans

besoin de concepts, sans besoin de compréhension intellectuelle et

cognitive. Nous connaissons plus que ce que nous donnent les

concepts explicites. Nous ne considérons plus ce qui est hors

conscience comme formé d’entités tapies dans un réservoir sombre et

caché. Par exemple, notre relativisme culturel ou autre vient

justement de notre « implicite » et non le contraire. Nous ne pouvons

pas conceptualiser la réalité parfaitement et complètement, mais nous

vivons dans cette réalité et vivre est aussi une sorte de connaissance.

Le langage, la culture, l’histoire tout autant que les concepts se

développent à partir de l’intrication (la complexité, l’embrouillement)

de vivre et non pas l’inverse. L’intrication est aussi une sorte de

mouvement vers quelque étape ultérieure non spécifiée qui

débrouillera une facette du « tout là ». Ainsi le modèle cognitif des

unités séparées, à savoir tenter de trouver des concepts explicateurs

pour expliquer la vie en mouvement comme le désir sexuel,

l’orientation sexuelle, les paraphilies, ne donne rien. Il faut donc en

sortir pour expliquer l’orientation sexuelle et ses sources et prendre le

modèle de la vie et du vivant lesquels suivent le modèle du processus

(voir Bureau : Vivre pleinement 2002). L’intrication de la vie, du désir

sexuel et de l’orientation sexuelle est trop grande pour être captée par

des concepts. Par ailleurs par le modèle du processus, du

mouvement, un éclairage advient sur ces thèmes même si on a

longtemps pensé (les philosophes, et particulièrement les scientifiques

des sciences humaines) que ces aspects importants de l’existence

humaine (tout autant que les valeurs, les sens à vivre, l’amour, la

7

savoir ce qui est dans un certain sens “connu”, mais

pas encore disponible à la pensée réflexive ou à la

verbalisation. Tous les prodromes, les présages, les

“ébauches”, les germes, les “formes” de toutes les

orientations sexuelles ou de toutes les paraphilies

sexuelles non encore manifestes, non encore

explicitées, sont là, dans l’implicite. À la place d’un

concept bien clair d’orientation sexuelle ou de

paraphilie, lesquelles parlent comme des entités, une

nouvelle sorte de “concept”, qui parle d’une relation

– c’est un « étant qui est sa mise en relation » avec

le monde – habite l’expérience vivante de la

personne. En d’autres termes, être dans une

disposition à ressentir l’implicite des orientations

sexuelles ou des paraphilies est inséparable de la

rencontre du monde7. L’interaction précède le

ressenti et la venue des essences. C’est le

polymorphisme8 implicite de l’orientation sexuelle et

des paraphilies.

spiritualité, le désir et même la vie elle-même) étaient trop vagues et

trop subjectifs pour devenir les objets d’une pensée et d’une réflexion

précises.

7 « Il n’y a pas de séparation entre nous et ce que nous rencontrons »

(Gendlin 2010).

8 Cette affirmation est bien sûr similaire à la “perversion polymorphe”

que, dans la théorie de Freud, l’on retrouve chez l’enfant avant sa

différenciation, avant la différenciation de son identité sexuelle.

Cependant dans mon hypothèse actuelle d’explication des sources des

orientations sexuelles, ce polymorphisme n’est pas explicite, et il

réside dans le “tout là” implicite chez l’adulte, l’adolescent, l’enfant.

L’implicite est suffisamment grand pour abriter de nombreux contenus,

dont certains peuvent sembler contradictoires. Il s’ouvre cet implicite

au moment où il se met en mots, en images et en pensées.

8

3. Pourquoi tous les germes, toutes les “formes”

implicites existent-ils pour les orientations sexuelles

potentielles et les paraphilies d’une même personne?

Parce que tout et chacun de ces prodromes, de ces

ébauches, de ces “formes” peuvent servir à la

personne pour atteindre ce qu’elle cherche: la

vitalité9. Ils se précisent par une certaine

illumination des horizons de la personne vivante. Et

on peut même définir la santé psychique comme

9 C’est la vitalité, la recherche de vitalité, qui est le plus liée à la vie, à

la continuation de vivre, au goût de vivre présent chez toute personne

vivante. La vitalité évoque le pétillement de vivre, le plaisir de vivre,

l’éveil du vivant dans son entièreté. C’est la vive ardeur de vivre, la

manifestation d’un éclat vif de vivre.

Il y a des catégories dans la recherche de la vitalité : certaines

personnes ne se branchent que sur le plaisir, d’autres sur l’amour,

d’autres sur la sécurité, d’autre sur le renforcement de ce qu’ils sont,

d’autres sur se confirmer ou se définir, certaines sur prendre du

pouvoir sur les autres et de nombreuses autres attitudes. Voir

Bureau Jules (en préparation) La vitalité humaine : Définition,

sources et développement

9

étant la vitalité de ce lien implicite- explicite. En

effet, ces “ébauches” servent toutes à vivre et à

continuer à vivre, à ressentir le pétillement de la

vitalité, plus particulièrement à ce qui deviendra du

plaisir sexuel et aussi de la satisfaction personnelle10,

à l’amour, au contentement et aux autres principales

motivations à l’acte ou la relation sexuelle pour vivre

plus. Ainsi ces prodromes du désir transporteront

potentiellement plus de vie, une authentique

continuation de vivre, par le plaisir et la satisfaction,

par un développement de son organisme, et en

somme par une croissance de la vitalité de la

personne. Cet implicite qui sous-tend l’orientation

sexuelle, habite la personne vivante. Et cette

personne vivante cherche d’abord radicalement

l’atteinte d’une vitalité continue et croissante; elle

cherche spécifiquement, grâce à son désir sexuel, un

développement de et par sa sexualité

(particulièrement par la rencontre sexuelle).

Retenons que devant toute réalité, en tout être

humain vivant, il y a un ordre plus fondamental que

les autres. Cet ordre fondamental est lié à la vie, et

à continuer à vivre11. Cette connaissance tacite,

10 Voir Bureau, Jules. 1979. “Satisfaction personnelle et plaisir

sexuel”. Revue québécoise de sexologie, vol. 1, p. 16-25.

11 Vivre est le processus de l’interaction continue de l’organisme (le

corps) avec l’environnement. Ce processus de vivre est une

interaction qui n’a de cesse, une « connaissance » intriquée du monde

qui est validé sans cesse par le fait que nous continuons à vivre. Ce

processus est plus fondamental et plus intriqué que le processus

cognitif de penser.

Nous respirons, digérons, marchons, parlons, conduisons, avons des

relations et ainsi de suite sans des règles explicites, mais inspirés par

l’élan vital. Tous ces comportements et leur direction découlent du fait

que nous vivons. Ainsi pour vivre, nous n’avons pas besoin de règles

10

mais réelle de comment vivre n’est pas le chaos, la

confusion, mais bien un ordre lié à la vie que nos

concepts ne saisissent pas, ou n’enferment pas

facilement dans la logique et le cognitif. Cet ordre se

situe à la lisière floue de l’expérience globale du

point de rencontre entre les processus implicites

(subsymboliques, non formulés) et explicites

(symboliques, formulés). Cette limite est par nature

imprécise. Nous savons que nous sommes en train

de la rencontrer quand nous atteignons la limite de

notre pensée avec une sensation de flou et

d’excitation impatiente qui appelle à aller plus loin12.

Il est vrai que vivre est plus intriqué, plus complexe,

plus compliqué que des concepts et continue aussi

sans les concepts13. Il en est de même des

explicites, pas plus que les plantes en ont besoin pour continuer leur

existence. Le vivant n’est pas un système d’unités juxtaposées, mais

bien un processus et les « choses » du vivant doivent s’expliquer

comme des processus. Aucune partie du vivant ne demeure la même.

Ses parties sont toujours en mouvement et en changement. Et

chaque morceau du vivant est aussi en interaction avec tout le reste

de l’organisme. Vivre est donc vraiment un processus qui ne cesse de

continuer et est une implication continue. Si en marchant par

exemple, la personne est empêchée de continuer, et est brusquement

arrêtée, ou encore si on tente de l’arrêter, de la fixer à un endroit du

processus, elle risque de tomber. En effet, chaque partie de la marche

en implique une autre. Vivre est analogue au désir qui ne cesse

jamais s’il est sain, qui se reprend toujours même après avoir été

contenté. Rien ne l’arrête, ni le grand âge, ni la maladie, ni le refus, ni

le dénie.

12 Voir Lynn Preston

13 Le processus de vivre est une interaction entre l’organisme (la

personne) et le milieu (l’environnement) qui n’a de cesse; c’est une

« connaissance » intriquée du monde qui est validée sans cesse par le

fait que nous continuons à vivre (Gendlin 1987). Il en est de même de

l’orientation sexuelle. Nous la « ressentons » et elle nous guide sans

cesse quel que soit le concept, quels que soient les mots, quelles que

11

orientations sexuelles. Elles continuent et agissent

sans que des concepts soient nécessaires pour les

expliquer. Elles se retrouvent toutes dans

l’implicite14 des individus, à savoir dans cette région

de nous-mêmes qui est informulée, ou dans ce que

je nomme « l’expérience vivante 15» implicite

ressentie. Nous cherchons à prendre en nous cette

l’expérience nouvelle qui est juste à ce moment-là en

train d’émerger à l’horizon de la conscience

immédiate16. Toutes les orientations sexuelles et

toutes les paraphilies sexuelles sont d’une manière

ou de l’autre, au service de la vie. Elles servent, de

façons différentes, à la croissance de la vitalité. Elles

soient les explications que les différentes théories donnent à cette

orientation.

14 Il y a dans tout et en tout, de l’implicite : quand nous parlons, les

mots qui viennent à la suite sans y penser, la continuation du parler,

du langage et des idées et des expressions arrivant, viennent de

l’implicite en nous. Nous sommes même habiles à corriger les temps

de verbe ou notre grammaire selon cet implicite; cette grammaire

profonde serait, à la façon de Chomsky, implicite. La même chose

pour nos attitudes, nos valeurs et aussi les émotions que nous

ressentons devant diverses personnes : tout ça est déjà en nous et

nous guide quand nous interagissons avec elles, de même, quand nous

expliquons nos valeurs, quand nous précisons nos attitudes. D’ailleurs

chaque relation interpersonnelle a sa propre saveur, sa propre

idiosyncrasie qui nous vient de l’implicite de notre expérience vivante

(Gendlin 2010).

En somme vivre le concret de nos vies, dépend fortement de cet

implicite au point où on peut dire que vivre (avec pétillement, avec

vivacité) est vivre avec ce contact avec l’implicite de notre expérience

vivante.

15 Voir Bureau, Jules. Vivre pleinement 2002, et L’irrésitible différence

1994.

16 Être pour Heidegger est toujours être au monde. Alors que ressentir

est habituellement pensé comme quelque chose d’intérieur, ce concept

se réfère à quelque chose à la fois intérieur et extérieur, mais avant

qu’une séparation entre l’intérieur et l’extérieur ne soit faite.

12

prennent des formes grandement différentes parce

que la vie s’offre de toutes ces manières dans le

désir sexuel. Celui-ci, enraciné dans l’identité

sexuelle17 est aussi vaste que la vie et ses formes

sont multiples,18 mais, servent toute la vitalité. Puis

l’identité sexuelle (la féminitude ou la masculinitude

ou une variété de celles-ci) est elle-même plus

implicite qu’explicite. Une personne doit amener son

attention sur la conscience d’abord implicite de

l’identité sexuelle pour faire fleurir cette dernière et

lui laisser jouer son rôle dans l’organisation et la

synthèse qu’elle fera des désirs sexuels, des

orientations sexuelles et des paraphilies. En effet,

nous organisons notre expérience vivante à un

niveau infracognitif, un niveau implicite et là, émane

de l’identité sexuelle, les désirs et orientations19.

17 L’identité est construite par la personne. Il est de notre « essence »

de nous donner une identité et « l’existence, précède l’essence ».

Nous nous faisons exister tel que nous sommes : nous sommes des

créateurs de ce que nous sommes. Nous nous amenons à l’existence.

“A human being is spirit. But what is spirit? Spirit is the self. But what

is the self? The self is a relation that relates itself to itself or is the

relation’s relating itself to itself in the relation.” (Kierkegaard, The

Sickness Unto Death, p. 13

18 La nourriture de l’intérêt (émotion du désir sexuel) pour qu’il

subsiste est la diversité, la variabilité, le changement, le mouvement.

Voir aussi plus bas.

19 L’identité sexuelle colore, précise, organise le désir sexuel et

l’orientation sexuelle et/ou les paraphilies

L’identité sexuelle à savoir ce que je pense, ce que je ressens de moi

(la relation de moi à moi), cherche à s’expliciter dans le désir sexuel.

L’identité sexuelle est à la source du désir sexuel, de l’orientation

sexuelle, de la couleur de l’objet sexuel (les paraphilies)

Identité sexuelle:

1. une intrication faite de plusieurs relations de soi à soi (ou des

relations intriquées de soi à soi)

2. Elle est très individualisée: « chacun insiste sur une ou l’autre

facette »

13

Seuls ses mots à cette identité satisferont le

ressenti, lui feront détendre sa quête et ce sens

vivant se déploiera à plusieurs autres situations.

Comprendre ce qui est, c’est en comprendre la

genèse et le devenir.

Puis dans l’explicite, après l’interaction entre

l’expérience vivante implicite et le monde (le milieu,

la situation) les concepts s’intègrent et se forment;

c’est l’interconnexion de l’identité sexuelle explicite,

du désir sexuel explicite et de l’orientation sexuelle

explicite et du comportement sexuel explicite.

Comportement sexuel

_

Orientation sexuelle

Paraphilie

_

Désir sexuel

_

Identité sexuelle

3. De grands thèmes à négocier dans ce que l’on pense de soi

a) soi, la “gang”, les semblables; b) la différence, l’autre, les autres; c)

l’actualisation; d) la reproduction; e) ce que j’ai à continuer

Et la vitalité! Chacun cherche la vitalité par le désir sexuel, par

l’identification. Dans la région de l’implicite, il y a différents thèmes qui

serviront à la personne à nommer et nourrir son identité sexuelle: « j’ai

une ossature de poulet », “je suis beau, plus beau que les autres”, un

corps faible, maladif, « je suis gros et laid », une crainte et insécurité

devant la différence, une passivité, une dépendance. Une personne

établit alors une rencontre avec des ressentis de ce implicite et ces

ressentis colorent son identité et conséquemment affectent son

orientation sexuelle et ses paraphilies.

14

En conséquence toutes les orientations sexuelles

étant présentes de façon implicite chez la personne,

personne ne peut mépriser ou mettre en distance ou

condamner les autres formes parce tous les présages

sont bien du vivant et habitent chacun de nous

implicitement20. À certains moments, ces

20 De ce contact aussi, nous pouvons ressentir du dégoût pour

plusieurs prodomes, présages qui deviendront des désirs sexuels

explicites et des orientations sexuelles chez d’autres. Répétons-le, le

dégoût fondé lui aussi sur la protection de sa vitalité, sur le besoin de

la vie de se protéger de ce qui peut la contrarier, la diminuer, la

détruire. Par le dégoût, l’organisme rejette corporellement ce qui

contrarie la vie de l’un, ce qui l’empêche de continuer telle qu’elle est

en cette personne précise. Ainsi ce dégoût et ce rejet de ce désir

parce qu’il détruirait le corps, diminuerait la personne, ou

l’empêcherait de s’actualiser.

15

orientations sexuelles ou paraphilies peuvent prendre

aux tripes, ou pincer le coeur, ou brouiller l’esprit.

Dans ces moments-là, l’implicite est inévitablement

explicité. Il est devenu, réellement, impérativement,

là, présent. Nous pourrions presque toucher les

rivages aux intrications multiples et complexes de ce

vaste savoir implicite.

4. Les différentes orientations sexuelles et toutes les

paraphilies, ces diverses “formes” de l’élan vers la

vitalité, peuvent apporter à la personne, selon ce

qu’elle est (son identité21), ce que donne la sexualité

humaine et l’érotisme humain, à savoir: le plaisir, la

sécurité, la confirmation de l’identité, le

rapprochement, l’intimité, l’évitement de l’isolement,

et bien d’autres avantages vitalisants, même si la

21 C’est par l’identité qu’advient le sentiment d’appartenance et par

cette intégrité personnelle du self ou de la capacité de donner un plein

consentement à l’autre (objet-sujet); cela permet de dire: “ça c’est

moi et je suis engagé et embarqué dans ce que je fais”.

16

plupart de ces exercices de la sexualité et de

l’érotisme ne permettent pas la reproduction à

savoir, la continuation proprement dite de la vie. En

effet ce sont alors d’autres formes de vie (différentes

de la reproduction des organismes) et d’autres types

de vitalité,22 mais tout autant enracinées dans nos

22 Les personnes sont différentes dans leur chemin vers la vitalité et

diverses formes de vitalité les intéressent. Cette diversité s’explique

par les multiples formes de la vie qui suscitent l’intérêt; par exemple

les multiples et diverses formes de fleurs augmentent l’attention qu’on

leur porte. Cette multiplicité fait en sorte qu’on ne risque pas de

s’ennuyer et d’éteindre l’intérêt par lassitude de la répétition de

toujours la même fleur. Quoiqu’une fleur n’a pas la même vitalité et

les mêmes possibilités de différenciation qu’une personne humaine!

Pourtant nous avons du soin pour les différentes sortes de fleurs et

nous tentons de préserver tant leur continuité que leur diversité. En

conséquence, la continuité des fleurs est assurée par leur diversité.

Les personnes humaines sont elles aussi différentes les unes des

autres et même très individualisées. Cette diversité et cette

individualité assurent l’intérêt et le soin pour elles et fondent ainsi leur

continuité. En somme, retenons que c’est la biodiversité qui assure le

développement durable à savoir la continuation optimale de la vie.

Encore plus précisément, la vitalité chez l’humain prend différentes

formes parce que nous les humains sommes très individualisés (les

plus individualisés de tous les êtres vivants) même si nous avons des

traits communs, celui d’être d’une race (nous sommes blanc, noir,

jaune, etc.) et que nous avons la même biologie, la même

morphologie générale et bien d’autres généralités. Mais notre très

grande individualité rend chacun de nous précieux, puisqu’au fond

nous sommes seul de notre « espèce », de notre « nature » d’une certaine

façon. Or pour que la vie des humains puisse continuer, que cette vie

individualisée puisse continuer, il est pris en compte dans notre

développement que nous sommes fragiles et que cette fragilité doit

être protégé par l’ensemble de l’humanité. Donc chaque vie humaine

est précieuse parce qu’unique. De là, la vie humaine prend plusieurs

paraîtres, plusieurs “visages” et de si nombreuses formes, et de là,

nous sommes soucieux de continuer. Notre individualité nous rend

précieux.

En résumé, la variété des formes qui suscitent la vitalité s’explique par

le fait que la vie cherche à continuer. Pour continuer, il importe que

ces différentes formes soient précieuses et de là, protéger et même

17

corps qui sont recherchées par la personne qui

désire.

5. Les orientations sexuelles et les paraphilies, ces

élans vers la vitalité, diffèrent donc selon leur objetsujet23

dans leur apport à la vitalité et sont à mettre

en hiérarchie selon les horizons humains qu’elles

prennent en compte, à savoir les développements

qu’elles permettent à la conscience, à la liberté, à la

encourager à continuer. Elles le sont. L’astuce que la vie a pris pour

favoriser sa continuation fut de rendre le plus individuelle possible,

chacune de ses formes et de là, amener l’humanité à protéger ces

diversités et ces variétés

23 voir Bureau, Jules 2007. Le désir sexuel : un modèle.

http://www.psycho-ressources.com/bibli/desir-sexuel.html

18

conquête du sens de l’altérité, à la congruence avec

soi-même et à l’authenticité, au développement de

l’empathie et à la croissance des autres grandes

dimensions de l’humain24.

6. Or pour la plupart des êtres humains, de toutes

les “formes” (présages, prodromes…) implicites

d’orientations sexuelles et de paraphilies présentes,

une seule (ou quelques-unes seulement) orientation

sexuelle s’explicite. Qu’est-ce à dire? Cela veut dire

que cette orientation sexuelle prend alors la pleine

forme disponible, elle se ressent dans l’expérience

vivante par le sens vivant de la personne25 et elle

24 La sexualité humaine exige par ses caractéristiques (fragilité des

personnes dans leur nudité, intimité de la rencontre, vulnérabilité des

personnes en désir sexuel, intégration de la conscience et force des

émotions comme l’amour, la jalousie, etc.) un cadre bien particulier

d’intimité, de sécurité, de qualité humaine. Tout ce qui va à l’encontre

de ces caractéristiques (comme le voyeurisme, le frotteurisme,

l’exhibitionniste, la sadomasochisme et les autres) constituent des

désordres (ce qui va à l’encontre de la vison pragmatique des

reviseurs du DSM V) qu’il importe de prévenir, de corriger s’ils existent

même si elles émanent toutes de l’implicite de la personne. (voir aussi

les numéros 7 et 8 du texte plus bas)

25 Nous pouvons rejoindre la connaissance implicite de notre

orientation sexuelle sans les mots par un feeling [en ressentant].

Ainsi en ressentant, nous « savons » de façon fondamentale et

radicale, ce que nous désirons, ce que nous aimons, ce que nous

faisons, pourquoi nous le désirons, le faisons, comment sont les

choses et les situations « sans avoir besoin de mots ». L’implicite

est une connaissance qui passe par le corps. Quand nous

écoutons le sens vivant, notre corps enregistre les zones des

significations complexes et inorganisées. Répétons-le, cette

connaissance « préverbale » est partout implicite dans tout ce que

nous sommes ou dans tout ce que nous désirons, faisons. Nous n’en

sommes pas toujours conscients parce que nous sommes occupés, à

savoir notre attention est occupée par ce qui se déroule à la

surface, dans nos comportements, dans ce qui est à la périphérie. Par

19

fonde l’élan vers le sujet-objet sexuel. En effet,

toute personne en contactant son expérience vivante

et, le sens vivant qui en émerge, recherche la

vitalité. Or insistons sur ce thème: le chemin pour

contacter son expérience vivante, pour en faire

émerger le sens vivant, c’est de ressentir26. Et c’est

la voie qu’emprunte l’orientation sexuelle explicite27.

exemple nous conduisons nos autos tout en conversant avec notre ami

sans vraiment savoir explicitement comment nous faisons pour

conduire, les détails de ce que nous faisons puisque nous sommes

occupés par la conversation, par la route devant nous, par ce qui se

passe sur la route. De la même façon, nous nous intéressons à telle

ou telle personne sans savoir à la surface de notre conscience, dans

notre attention ce qui explique cet intérêt, ce désir. Mais nous

« savons » clairement [nous ressentons] notre intérêt ou notre désir

pour cette personne.

26 Einstein l’avait constamment ce ressenti de la relativité et cela

pendant 15 ans ce feeling l’habitait avant de la concevoir

cognitivement comme formule.

27 L’implicite, c’est à la fois « déjà » et « pas encore ». Nous en sentons

l’impact, et pourtant sa nature et son message restent ambigus. C’est

comme le vent. Nous le « sentons », mais nous ne le « voyons pas ».

Nous sommes dedans, ce n’est pas simplement quelque chose, un

contenu, c’est un ressenti palpable, de nous-mêmes et du champ

intersubjectif dont nous faisons partie.

20

7. La personne peut aussi dans son ressenti

rencontrer l’ébauche du dégoût d’une orientation

sexuelle ou d’une paraphilie lorsqu’un concept ou

même l’ébauche d’une autre orientation sexuelle que

la sienne est proposé. Elle éprouve alors, elle

ressent corporellement la répugnance qui lui fait

carrément rejeter ce qui est proposé ou

conceptualisé. Le corps ne prend pas la forme

suggérée. Il la ressent dé-vitalisante, diminuante de

sa vitalité. Le corps est le lieu d’interaction entre ce

qui se met en mots et ce qui se met en images et

l’implicite. Il agit comme un radar branché sur le

niveau implicite28.

Pour la plupart des gens, certains désirs sexuels

28 Voir Lynn Preston (2009). Dans son article de 1992, « La Primauté

du Corps », Gendlin parle du corps comme d’une «information

environnementale ». « Essayons de penser le corps vivant », dit-il,

«comme information et nouveauté ».(Voir aussi Bureau 2002)

21

peuvent susciter le dégoût et la répugnance et cette

tendance est alors perçue comme perverse. C’est

ce que ressentent certains quand on suggère la

rencontre sexuelle avec un animal, avec un cadavre,

avec un enfant, ou le viol de l’intimité si précieuse

d’une personne. Certaines personnes éprouvent le

même dégoût devant une rencontre érotique avec

une personne de leur sexe et d’autres, avec une

personne de l’autre sexe: ces possibilités suscitent

du dégoût (l’envers du goût). Or pour retrouver les

sources de ce dégoût, il importe d’entrer en contact

avec sa “connaissance implicite” et mettre en

attention, ce qui suscite ce ressenti qui va à

l’encontre du goût de vivre, de la vitalité et qui éteint

l’élan de la personne vers la vie.

8. Pourquoi tel prodrome implicite s’explicite plutôt

qu’un autre? La “forme” qui s’explicite est selon ce

qu’est la personne (“Je désire comme je suis”) et

selon qui est l’autre (son objet-sujet) qu’elle désire

et qu’elle recherche par son orientation sexuelle29.

29 L’implicite est trop compliqué, trop intriqué pour que nous le

traduisions facilement en mots, pour que nous le « comprenions » tout

de suite (tout de go). De là, nous avons tendance à le laisser de coté.

Imaginez tenter d’expliquer à quelqu’un au téléphone comment

conduire une auto. Pourtant nous « savons » bien conduire une auto

(par exemple quand changer de voie sur une autoroute à grande

circulation avec des centaines de véhicules en mouvement autour de

nous). Cette conduite de l’auto est en nous de façon intriquée : nous

la « sentons »; nous la ressentons et nous en avons un feeling. Il en

est de même de ce qui nous plaît, de ce qui suscite notre intérêt ou

notre amour pour une personne, de même que ce qui suscite le dégoût

et le rejet. Les authentiques « feelings », ressentis (non pas

seulement le contact avec ses émotions, mais le contact avec son

expérience vivante) contiennent de grande quantité d’information,

22

Plus précisément, le ressenti que l’on éprouve dans

un désir sexuel est bien sûr fait de notre présence là

qui focalise quelqu’un et ce quelqu’une devant nous

soulève une gamme de possibilités (une interaction

organisme-milieu). Notre présence ressentie est

bien sûr une conscience de notre identité sexuelle,

une attention à nos différentes émotions intriquées

dans ce « juste-là », des souvenirs, des espoirs et ce

tout-là en interaction avec l’autre qui au départ est

inactif30 ou se déplaçant en mouvements corporels

ou en mouvements faciaux, ou en paroles31 ou en

gestes, lesquels accentuent l’interaction avec la

présence « juste là ». Une interaction ressentie

personne-objet(sujet) ou identité-altérité dans la

situation : voilà le désir qui résulte de l’orientation

sexuelle.

mais celle-ci n’est pas conceptuelle (des concepts mis en ordre), mais

ressentie et en mouvement (le processus du vivant).

30 La séduction de l’autre qui deviendra chez la personne humaine une

recherche du consentement de l’autre comme individu par le désirant,

comme individu. Lorsqu’il y a une rencontre dans ce contexte, il y a

une possession mutuelle où chacun se donne à l’autre.

31 « La parole est la formulation de ce que l’on comprend ou connait,

mais cette formulation n’arrive pas d’emblée lorsque nous essayons de

dire ce que nous sentons.” Heidegger dans Gendlin 2010.

23

9. Ainsi, c’est par son sens de l’identité sexuelle que

la personne, compte tenu de ce qu’elle est, va

chercher l’altérité (le différent d’elle) en une autre

personne (un autre sujet) ou se construit un objet en

correspondance avec ce qu’elle est. L’identité

sexuelle d’une personne émerge de son identité

humaine qui se fonde sur les données humaines

fondamentales: la rationalité, la conscience et

l’intentionnalité. C’est ce qui caractérise notre

condition humaine. L’identité précise les frontières

de l’altérité32. De là, l’orientation sexuelle s’installe:

32 Il est étonnant que baignant dans une même culture, avec les

mêmes influences, les plus semblables possible, comme peuvent

connaître deux frères d’une même famille, les résultats (« l’orientation

24

par exemple, celui qui se ressentant homme et

pleinement homme cherche l’autre, la femme la plus

pleinement femme, alors que celui qui se ressentant

en manque de masculinitude cherche en l’autre, un

homme plus pleinement masculin, ou encore celui

qui est en manque de sécurité dans son identité

sexuelle, cherchera un autre plus enraciné dans son

identité sexuelle et ainsi, pour plusieurs autres

formes d’identité-altérité.

10. En plus de l’ébauche de l’identité sexuelle, de la

quête de l’altérité, d’autres données se ressentent

plus particulièrement dans l’implicite du désir sexuel

humain (dans la recherche d’intimité et de chaleur

humaine partagée) et certaines balises existent dans

l’explicitation des désirs sexuels (et des orientations

sexuelles) compte tenu de notre “nature humaine”.

Qu’est-ce à dire? Dans le “tout là” implicite, loge

aussi les fondements des caractéristiques

existentielles de notre humanité (finitude, solitude,

liberté, corporéité) qui interagissent (et

interaffectent) avec le désir sexuel. De là tout désir

sexuel humain en plénitude a une intentionnalité

individualisante dans son implicite. Cela veut dire

que toute personne humaine en contact avec

l’implicite de son expérience vivante cherche par son

désir sexuel un individu et le désire comme individu

sexuelle des deux frères ») soient si différents. La raison : ils

rencontrent leur implicite différemment. Ils utilisent leur implicite avec

plus ou moins de contact. Par exemple, l’un rejoint ainsi par son

ressenti les influences de ses ancêtres bretons, mais l’autre ne plonge

pas autant dans ce ressenti. C’est le ressenti qui différencie, et encore

plutôt le contact avec le ressenti.

25

et veut être désirée comme individu33. Cette

individualisation dans son désir loge dans l’implicite

et se ressent pour qui fréquente son expérience

vivante et avant que ce désir ne se soit explicité.

Ainsi par cette réciprocité et même cette nontransférabilité34

(“C’est elle et pas une autre! C’est

moi et pas un autre”), elle s’attend aussi à une

croissance de ce qu’elle est35, elle-même, par la

rencontre d’un autre organisme-conscienceintentionnalité-

individualisante. L’être humain

ressent dans son implicite ébauche de désir sexuel,

des chemins vers des grands thèmes de son

humanité: un désir de rencontrer et de s’illuminer

par la beauté, un désir de se solidifier par la force de

l’autre ou de se reposer sur la sécurité donnée par

l’autre, un désir de raffiner sa conscience par la

fréquentation la plus authentique possible d’une

autre conscience, le soin pour la créativité et

l’autocréativité et bien d’autres36. Et tout cela se

33 Ce qui n’est pas le cas avec les animaux. Ils ont des instincts

sexuels et des plaisirs sexuels qu’ils poursuivent, mais ils n’ont pas de

désir pour l’autre individu. En rut, ils vont vers tout congénère, la

plupart du temps de l’autre sexe.

34 Plus la personne est pleinement présente comme objet-sujet du désir

du sujet désirant, moins la transférabilité n’est possible. Elle devient

irremplaçable. Et si l’objet-sujet du désir est réduit à une partie d’elle,

par exemple à son pénis, plus elle est remplaçable par un autre objetsujet.

35 Le désir sexuel sert aussi à compléter l’identité, le self, pour

l’épanouir parce qu’il cherche à partager cette identité la plus pleine

possible avec l’autre. Il faut être plein pour rencontrer la plénitude du

sujet de l’autre.

36 Comme objectif le plus élevé de cette rencontre, la sexualité

humaine habitée par la conscience, quelle que soit son orientation,

demande que la personne s’y engage avec tout son être, toute sa

personne.

26

joue dans l’expérience vivante bien et longtemps

ressentie et nommée du désir sexuel.

11. Plus particulièrement qu’est-ce ce contact avec

son expérience vivante? C’est par le contact ressenti

avec soi-même qu’on prend en conscience nos

besoins, nos manques, nos carences d’être et

conséquemment ce qui nous “intéresse” pour

répondre à ces besoins ou pour combler ces carences

et ces manques. En ressentant, nous faisons naître

les frontières de nos besoins et nous faisons naître

aussi la réponse à ces besoins. Il en résulte que

nous mettons en conscience, en attention aussi, ce

que nous voulons comme sujet-objet de notre désir.

Toutefois l’organisme profite des pauses dans le

désir pour s’énergiser37 lorsqu’il n’est pas à faire

37 Par exemple, le cerveau s’énergise quand la personne roupille et

qu’une mouche vient se déposer sur son bras : d’un coup et

27

autre chose. Cette dimension peut se travailler en

thérapie38.

12. Compte tenu de la nécessité de mettre en

conscience et même de rendre à l’attention ce que

nous sommes (identité) pour identifier ce qui nous

intéresse pour augmenter notre vitalité, nous avons

tous la responsabilité de nous nommer (nommer, au

sens plus large du terme implique toujours un

surplus de signification), de contacter par le ressenti

notre expérience vivante, de préciser avec le plus de

conscience possible ce qui nous vitalise (nos goûts,

nos besoins, nos intérêts) et de là, ce que nous

désirons. Certains refusent de se nommer39 et de

nommer l’autre et font reposer ce qu’ils sont et ce

qu’est l’autre sur les “hormones” ou sur les autres,

sur les attentes sociales, sur les conditionnements

divers. Se construisent ainsi toute une panoplie de

misères de l’identité sexuelle40. Cette dimension

rapidement, il prend le journal sur ses genoux et v’lan un coup de

journal sur la mouche! C’est juste, précis et énergique. Il y a eu

comme une mobilisation de toute la conscience, de tous les plis d’un

implicite pour que cela soit aussi dextre : il doit tout prendre (l’endroit

du journal, la façon de le prendre, l’approche minutieuse, le coup sec

et précis etc.) de l’implicite pour être efficace.

38 La continuation en thérapie, tout comme la continuation dans la

démarche de vivre, se fait en plongeant de plus en plus dans son

implicite pour trouver ses réponses et avancer sa propre vitalité. La

psychothérapie est alors un nouvel «inter-être», une nouvelle

appartenance, une nouvelle façon d’être vivant.

39 « Une vie non examinée ne faut pas la peine d’être vécu » Socrate

40 Telle identité, telle perception des situations et de la réalité! Ainsi

est le pouvoir de l’identité! Elle nous fait changer notre façon de

parler, de rencontrer la réalité: une identité qui change, change notre

rencontre des situations! Puis c’est par l’empathie et non par les

explications que l’on rejoint la perspective d’une personne en mal de

son identité. L’écoute empathique peut être la voie royale qui mène à

28

peut se travailler en thérapie41.

13. En somme chez toute personne, toutes les

orientations sexuelles potentielles et toutes les

paraphilies sont possibles (par exemple

hétérosexualité, pédophilie, homosexualité,

héphébobilie, zoophilie et les autres), mais elles

l’implicite d’une personne.

41 Les personnes qui croient que le monde tourne autour d’eux

(autocentrisme), considèrent que les yeux de tout le monde sont fixés

sur eux: donc ils sont très “self conscious” (comme le millepatte qui

pensent à chacune de ses pattes pour marcher finit par entraver sa

marche). Ils se construisent une audience imaginative: tout le monde

les regarde. Pourtant dans la recherche d’une identité, la personne va

souvent à l’encontre de répondre aux attentes des autres. Elle doit

prendre appartenance (ownership) en elle-même, appartenance (voir

Bureau, 2002: Vivre pleinement, chapitre trois) de ce qu’elle

intentionalise, veut et décide et d’une certaine façon, elle est seule

pour le faire. Sinon elle croule dans la confusion des rôles (“Je ne sais

pas qui je suis, ce que je veux, ce que je désire; je ne sais que ce que

les autres (mes parents, la société) désirent pour moi”).

En effet l’identité peut être diffuse, confuse, en attente (sans

engagement), “forclosure”. L’identité foreclosure: c’est celle de ceux

qui ne font qu’imiter les autres, par exemple les parents dans leurs

attentes; ces personnes ne rencontrent pas de crises (voir Bureau,

2008); elles s’arrangent pour se conformer: leur identité, c’est la

conformité. Elles ne sont que l’extension de ce que les autres leur

disent d’être. Ce que vraiment elles sont et veulent c’est le forclosure.

Puis il y a l’identité diffuse de certaines personnes: pour elles, il n’y a

pas de crise, ni d’exploration et pas plus d’engagement. Ces

personnes vont au jour le jour, elles sont justes sur le moment; il n’y a

pas d’avenir. Elles n’ont aucune idée de ce qu’elles veulent être. Elles

ne sont pas “concernés” et se promènent dans la vie comme les

situations les conduisent. Si elles sont souvent anxieuses, elles

tentent de le camoufler. Puis celles qui conquièrent leur identité

(identité conquise). Elles ont exploré diverses formes d’être et elles

ont vécu des crises, souvent une majeure; puis elles se sont engagées.

Elles sont habituellement très motivées, à savoir qu’elles ont des buts

et des plans pour rejoindre leurs buts. Elles croient, et valorisent ce

qu’elles sont et ont un sens de la direction à suivre dans leur vie.

29

logent sous “forme” implicite (présage, prodrome) en

elle. La personne peut facilement rendre explicite un

ou quelques-uns de ces présages implicites: les

ressentir, les fantasmer, les organiser, les

conceptualiser. Et particulièrement elle peut déceler

dans ses ressentis, ses particularités humaines:

intentionnalité individualisante, réciprocité, altérité.

14. La mise en explicite d’une orientation sexuelle

ou d’une paraphilie ne fait pas disparaître les autres

ébauches, les autres prodromes implicites. En effet,

les autres orientations potentielles ne disparaissent

pas dans leur potentialité d’être ressenties, mais

elles demeurent implicites et la personne peut

toujours par le ressenti, y accéder (ou pour la rejeter

par dégoût ou la densifier par goût latent). Toutefois

leur non-explicitation a l’avantage d’entraîner de

l’énergie pour l’orientation conquise ou choisie.

15. En conséquence, toute personne en investissant

l’ébauche de son désir sexuel en plénitude humaine,

fait taire certains de ces prodromes émergents,

potentiels. En effet compte tenu de son humanité,

et compte tenu aussi de l’intégration de cette

personne dans une culture, dans une société, dans

une tradition, elle choisit son désir et son orientation

sexuelle. Pour faire taire les autres orientations

possibles, elle doit entre autres choses, ressentir42,

42 Dans ce fin ressenti, elle a des chances de sentir émerger du dégoût

pour telle ou telle forme d’orientation sexuelle. Ce dégoût (voir plus

haut les explications) résulte de l’étrangeté et le non approprié de

cette orientation avec la vitalité du sujet. Ce sujet, son identité,

rejette cette orientation comme risquant de faire disparaître ou de

diminuer sa vitalité.

30

et aussi rediriger son élan vers ce qu’elle veut

vraiment et explicitement et qu’elle est prête à

assumer. Cette redirection énergisera son

orientation majeure. Par exemple, un homme adulte

doit rediriger son élan vers la femme adulte [en

travaillant sa perception (la plus pleine possible de

celle-ci), son imaginaire (le plus vitalisant possible

de son élan vers elle) et ses ressentis corporels

devant la femme (les plus fins et subtilement

différenciés possible)] plutôt que de demeurer

imprécis, flou, mou, divisé dans son identité sexuelle

en laissant son élan amorphe et «mollasque» et

vibrer de désir pour par exemple une petite fille.

Cette dimension peut se travailler en thérapie.

31

16. Et pourquoi le désir sexuel continue et se

reprend même après avoir été satisfait une première

fois? Il reprend et reprend parce que toute

interaction organisme-milieu, particulièrement chez

le vivant humain, est toujours nouvelle. Ce désir est

toujours neuf d’existence: il n’existe jamais comme

même. Pourquoi? Parce que le “tout là”, implicite

dans l’expérience vivante est d’une telle richesse,

tout comme la situation toujours renouvelée dans

l’interaction avec l’environnement est d’une

abondance de caractéristiques. L’organisme du

désirant et l’interaction avec l’objet-sujet de son

désir, est changé par chaque contact effectué et

n’est plus le même tout comme l’objet-sujet désiré

n’est plus le même. C’est un nouveau désir qui naît

parce qu’il y a une nouvelle personne, un nouvel

objet-sujet d’une certaine façon. Le désir sexuel sert

la vie du désirant et celle du désiré. Or la vie de l’un

et de l’autre continue toujours puisque le désir est

un vivant qui fournit de la vie au désirant et au

désiré. Chaque désir sexuel est unique et nouveau

et ne reviendra jamais comme il est s’il prend toute

son existence.

32

17. En somme, comment résumer les réponses aux

questions soulevées au numéro 1. Ces questions:

a) d’viennent les diverses orientations sexuelles

et b) comprendre ce qui explique qu’une personne

développe telle ou telle orientation sexuelle et c) ce

qui justifie que les formes diffèrent et pourquoi des

formes si diverses, et d) quel est le spécifique du

désir sexuel humain, e) pourquoi le désir ne cesse

jamais. Les réponses sont: A) Elles sourdent de

l’implicite à la source de la vitalité d’une personne

(toute personne est implicitement polymorphe dans

ses orientations sexuelles). B) Toute orientation

sexuelle devient une voie pour vivre, pour obtenir du

plaisir et de la satisfaction, dans la recherche de la

vitalité, de la croissance de la vie43. Et cette voie, ou

43 Gendlin confronte la théorie de l’évolution selon Darwin en précisant

que dans des conditions stressantes, les organismes participent

activement à leur propre évolution. Il critique ce dernier en soulignant

que la vie n’a pas évoluée seulement passivement et/ou de façon

33

cette orientation sexuelle est préférée selon l’identité

de la personne. C) Leur multiple diversité ne

contrevient pas à leur fonctionnalité et se fonde sur

la diversité des formes de ce qui procure la vitalité.

D) Le désir sexuel humain est informé d’une

intentionnalité individualisante et cherche la

réciprocité et la non-transférabilité . E) La répétition

et la continuité du désir sexuel (fondement de

l’orientation sexuelle) s’expliquent par le processus

de la vie et de l’implicite, et par l’unicité de chaque

désir sexuel.

Et en bref, à titre de conclusion,

des phrases guides de tout ce

document

Chez une personne humaine, toutes les orientations

sexuelles et toutes les paraphilies sont (naissent,

reposent, se forment) dans son « tout là » implicite :

polymorphisme implicite des orientations sexuelles et

des paraphilies.

Les orientations sexuelles et les paraphilies qui

s’expliciteront ultérieurement commencent par se

condenser par et autour du prodrome de l’identité

sexuelle, elle aussi encore implicite.

mécanique. Il soutient que plusieurs autres mécanismes sont

impliqués dans le développement de la vie.

34

L’identité sexuelle implicite s’agrège à partir de

données spécifiques, différentes et particulières

d’être un homme (un garçon), une femme (une fille).

La motivation de cet agrégat, l’identité sexuelle

implicite, est la recherche de vitalité, et cette

recherche est l’élan du désir sexuel, de l’orientation

sexuelle et des paraphilies.

Selon cet agrégat de l’identité sexuelle, la vitalité

prend diverses formes : le plaisir spécifique, la

confirmation de ses caractéristiques, l’amour, la

protection, la sécurité, l’attestation de qualités

espérées, telles la beauté, l’apparence masculine, la

quête d’un sens à vivre et aussi des exagérations

comme la primauté de sa beauté sur toutes les

autres beautés, même souci pour son intelligence,

être le meilleur, le souci et l’ultra soin pour son

paraître exceptionnel, une fixation sur soi-même de

son énergie vitale, la captativité du regard de l’autre,

l’admiration de l’autre, etc.

Selon ses horizons humains, la personne établit une

hiérarchie entre les diverses formes de la vitalité

qu’elle recherche et conséquemment, entre les

différentes orientations sexuelles et paraphilies.

Compte tenu de l’apport de son identité sexuelle,

une seule (ou quelques-unes seulement) des

orientations sexuelles et des paraphilies est investie

et explicitée par une personne.

35

C’est par le ressenti, le sens vivant que la personne

arrive à extraire de l’implicite son orientation

sexuelle et ses paraphilies tout comme elle le peut

en « ressentant » connaître ses goûts, ses manques

et ses carences d’être.

Le spécifique humain d’un désir sexuel et d’une

orientation sexuelle repose sur l’intentionnalité qui

fonde son élan individualisant en quête de réciprocité

et à la recherche de la non-transférabilité.

Toute personne a la responsabilité de se nommer, de

s’identifier sexuellement.

La répétition et les reprises sans cesse du désir

sexuel repose sur l’unicité de chaque désir comme

apport à la vitalité de la personne.

L’interaction de l’expérience vivante implicite de

l’identité sexuelle et de l’orientation sexuelle implicite

avec le monde (le milieu, la situation) est nécessaire

à l’explicitation d’une orientation sexuelle.

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Søren_Kierkegaard

Polanyi Michael. 1966. « The Tacit Dimension ». First

published Doubleday & Co, 1966. Reprinted Peter

Smith, Gloucester, Mass, 1983.

38

Preston Lynn 2008. “A la Frange de la

Conscience: Contribution de Gendlin à l’exploration

de l’implicite” traduit de l’anglais par Danièle Cordon

et Sylvie Schoch de Neuforn

www.focusing.org/french.html -

Socrate

http://www.dicocitations.com/auteur/4159/Socrate.p

hp

3 novembre, 2010

SHIVA PARIS

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 22:36

Bonsoir Les Libertins,

gljlj.jpg

Je sors à l’instant d’un endroit magique avec une propriétaire charmante et accepterai de nous recevoir pour nos réunions mensuelles sur Paris

Je Vous  confie ses coordonnées, il s’agit de Melle DAISY  et son endroit est le SHIVA  au 48 rue du Colisée 75008 Paris  Téléphone : 01.42.25.65.60 

Restauration particulière  possible sur commande .

 

Venez voir donc  et tenez moi au courant

Venir de ma part

Très cordialement

Stéphane

25 septembre, 2010

OÙ EN ÊTES-VOUS? Faites le test!

Classé dans : Libertinage, Polysexualité, Echangisme — libertin78 @ 6:59

OÙ EN ÊTES-VOUS? Faites le test!
Yvon Dallaire a conçu un test afin d’évaluer le degré de satisfaction
de chacun des besoins nécessaires à la vie conjugale. Les résultats
ne sont cependant là qu’à titre indicatif.
POUR CHAQUE BESOIN, DÉTERMINEZ LA RÉPONSE
QUI CORRESPOND LE PLUS À VOTRE SITUATION:
5 = Très élevé 4 = Elevé 3 = Moyen 2 = Bas 1 = Très bas
1. Satisfaction affective générale
2. Communication
3. Complicité
4. Intérêts communs
5. Soutien pratique
6. Soutien affectif
7. Soutien de croissance personnelle
8. Sentiment d’être aimé par mon partenaire
9. Sentiment d’aimer mon partenaire
10. Sentiment de respect pour mon partenaire
11. Sentiment d’être respecté par mon partenaire
12. Sentiment de confiance dans mon partenaire
13. Sentiment que mon partenaire a confiance en moi
14. Sentiment d’être enrichi par mon partenaire
15. Sentiment d’enrichir mon partenaire
16. Plaisir d’être ensemble
17. Chaleur
18. Satisfaction sexuelle
19. Sentiment d’estime de moi dans la relation
20. Désir de passer du temps avec mon partenaire
ADDITIONNEZ VOS RÉSULTATS
Vous avez plus de 75 points?
Votre couple est la plupart du temps heureux.
Vous avez entre 51 et 75 points?
Votre couple connaît des hauts et des bas.
Vous avez entre 25 et 50 points?
Votre couple va dans le mur s’il n’y a pas de changement majeur.

 

sensualitymittel.gif

Vous avez moins de 25 points?
Votre couple est très malheureux et probablement toxique.
 

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